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Archives du 2 mars 2018

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Cycle de conférences séries et genre – Paris, mars 2018

Les femmes, les hommes et les autres: Séries télévisées et transparence des genres ?

Séminaire organisé par Ariane Hudelet

Musée du Jeu de Paume

Tous les vendredis du mois de mars 2018, 18h30-20h30

Pour la troisième année consécutive, le musée du Jeu de Paume propose un cycle de conférences qui explorera une facette des séries télévisées contemporaines. Cette année, nous parcourrons le globe pour étudier la manière dont les séries – françaises, américaines, scandinaves, turques, ou coréennes – reflètent les enjeux liés aux questions de genre : quels modèles de personnages féminins, masculins, hétéros, gays ou trans, nous sont proposés? Égalité femmes-hommes, homoparentalité, mariage homosexuel, transsexualité sont des thématiques qui occupent le coeur des débats politiques depuis plusieurs années, et qui se retrouvent logiquement exploitées par les scénaristes. Les séries, comme toute représentation, reflètent et informent la manière dont nous nous définissons, ou dont la société nous définit – notamment en termes de genre. Plutôt que clairement séparés et fixes, les genres masculins et féminins sont perçus aujourd’hui comme des degrés, des nuances, mais cette évolution sociale suscite un rejet violent des strates les plus conservatrices, aux Etats-Unis, en Europe et au-delà. De quelle manière les séries télévisées, à l’impact d’autant plus fort qu’elles s’inscrivent dans la durée et dans l’espace domestique, contribuent-elles à faire bouger les normes et les mentalités, ou au contraire à perpétuer des modèles figés ?

Ce séminaire permettra d’explorer la manière dont les séries télévisées sont parmi les représentations les plus réactives et influentes lorsqu’il s’agit de prendre en charge des questions de société telle celle du genre. Entre un art sans cesse occupé à inventer de nouvelles manières de raconter et le renouvellement des formes de vie et de sexualité, il y a une rencontre, qui tient sans doute à la fois de la conviction politique et de l’opportunisme. Chaque séance accueillera un.e intervenant.e qui se penchera sur un espace géographique et culturel différent, remettant ainsi en perspective les séries qui nous sont plus familières (séries françaises, européennes ou américaines) grâce à des fictions moins connues mais qui rencontrent un succès immense dans d’autres parties du globe (séries turques ou coréennes). Chaque conférence abordera des thématiques larges liées aux questions de genre : les normes masculines et féminines dans la construction des personnages, la place des femmes dans le milieu de la production, le statut du genre dans les contextes professionnels ou privés, les représentations de sexualités diverses, ou encore les enjeux liées au genre dans la réception des séries, par exemple. Au fil des cinq séances, et grâce à l’analyse de nombreux extraits, nous construirons une esquisse de carte des genres dans les séries télévisées de par le monde.

 

Programme des séances

2 mars

De Wallander à Nobel, l’inquiétude de l’homme scandinave

Parler de genre, c’est interroger la norme, et cette dernière a longtemps été masculine et blanche; nous commençons donc ce cycle de conférences avec des hommes blancs. Les bouleversements sociaux et économiques conduisent à une redéfinition des modèles genrés – pendant la Seconde guerre mondiale, ce fut le développement de l’antihéros du roman et du film noir, qui sont depuis quelques années revisités dans les séries nordiques que l’on a appelé ‘nordic noir’, où les personnages sont eux aussi présentés dans une situation d’inquiétude fondamentale. Pierre Sérisier partagera sa connaissance de ces séries norvégiennes, suédoises ou danoises, et s’intéressera à ce vacillement des héros masculins et à l’émergence de nouveaux modèles féminins.

Pierre Sérisier est journaliste et enseignant à l’Ecole de journalisme de Sciences-Po. Il a écrit, traduit et publié en tant que directeur de collection des romans policiers dans les années 1990 et 2000 avant de lancer le blog « Le Monde des Séries ». Après des essais sur Le Prisonnier (PUF) et les séries scandinaves (Vendémiaire), il travaille à un ouvrage sur les séries britanniques.

 

9 mars

Showrunner au féminin : rencontre avec Anne Landoisshowrunneuse dEngrenages

(Canal +, 2005-)

Anne Landois est scénariste de la série Engrenages depuis la saison 3, et showrunner des saisons 5 et 6. Engrenages est l’une des séries phares de Canal +, qui rencontre depuis 2005 un grand succès en France et à l’étranger (elle remporte en 2015 l’Emmy Award de la meilleure série dramatique). Cette rencontre sera l’occasion de parler avec Anne Landois de la place des femmes dans l’industrie télévisuelle française, notamment dans le rôle de showrunner, et de s’interroger sur les représentations genrées, en l’occurrence dans le genre très codifié de la série policière.

Animée par Marjolaine Boutet, maîtresse de conférences en histoire à l’université de Picardie-Jules Verne et spécialiste des séries, autrice de Cold Case : la mélodie du passé (PUF), et d’Un Village français, une histoire de l’occupation (La Martinière).

 

16 mars

Samsoon ou la désacralisation de l’amour en Corée.

Apparu au beau milieu de la décennie 2000 alors que les séries télévisées sud-coréennes connaissaient un engouement sans précédent en Asie, le TV drama My Lovely Samsoon (MBC, 2005) a apporté un peu de vent frais en proposant une héroïne atypique sur différents aspects. Stéphane Thévenet nous expliquera la nouveauté que représente le rapport décomplexé que l’héroïne entretient avec l’amour dans cette série, dans le contexte particulier des séries coréennes de prime time où prédominaient les intrigues sentimentales. Ce sera aussi l’occasion de présenter les changements en cours dans l’offre de fiction télévisuelle en Corée.

Stéphane Thévenet est docteur en sciences de l’information et de la communication. Il travaille en tant que maître de conférences au département de coréen de l’Inalco (Institut de langues et civilisations orientales), dont il est aussi directeur adjoint. Ses recherches portent principalement sur les médias coréens.

 

23 mars

TV et tabou : la question du genre dans les séries américaines

Alors que le cinéma peine à faire une place égale aux femmes ou à embaucher des acteurs trans, la télévision nord américaine brise les tabous, que ce soit en offrant des rôles multiples à une actrice dans Orphan Black ou United States of Tara ou en incluant des acteurs trans dans Orange is the New Black ou Sense8. Anne Crémieux nous rappelle dans cette séance que la télévision américaine a toujours reflété les mouvements sociétaux pour s’en faire parfois le vaillant relai auprès du grand public, de Love Lucy à Maud ou Murphy Brown en passant par les émissions controversées de Jerry Springer ou de Ru Paul, autant de précurseurs aux séries contemporaines.

Anne Crémieux est maîtresse de conférences à l’Université Paris Ouest Nanterre. Elle a publié Les cinéastes noirs américains et le rêve hollywoodien (Paris : L’Harmattan, 2004), dirigé un numéro de revues sur les minorités dans le cinéma américain et est l’auteur de plusieurs articles sur les minorités dans le cinéma et les séries américaines.

 

30 mars

Sexistes à Istanbul, émancipatrices au Caire !

Les représentations de genre dans les séries turques et leur réception

Devenues populaires vers les années 2000, les séries télévisées turques ont surtout attiré l’attention après leur exportation dans plus de 30 pays à travers le monde. Leur accueil chaleureux par les publics notamment des pays du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord a transformé la Turquie en “Brésil des pays musulmans” et ces fictions destinées par définition à la distraction ont été dotées, selon les politologues, d’une mission de “soft power”. Hülya Uğur Tanriöver nous présentera le contexte des séries télévisées turques, et axera sa conférence sur les lectures et usages de ces séries, qu’il s’agisse de la réception en Turquie ou dans les pays musulmans où elles sont exportées.

Hülya Uğur Tanriöver est professeure et directrice du département de communication, radio et cinéma de l’université Giresun Tirebolu. Elle a publié des ouvrages et articles sur les enjeux de genre dans les séries turques et est co-fondatrice du groupe de femmes contre le sexisme dans les médias

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