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GUEST2

GUEST Saison 2 (Groupe Universitaire d’Etudes sur les Séries Télévisées) 

Séries télévisées : enjeux de genre, relations avec les autres arts et valorisations numériques

Le projet fédératif GUEST Saison 2 s’inscrit dans le prolongement des recherches et valorisations entreprises dans le cadre de GUEST-Normandie (2013-2016), grâce auquel la Normandie s’est positionnée comme pôle moteur en France pour les recherches sur les séries télévisées. La synergie entre les chercheurs des Universités du Havre et de Rouen autour de cet objet de recherche riche et en constant renouvellement a permis de fédérer autour du noyau normand les travaux et activités sur les séries d’autres universitaires sur tout le territoire français, dans une dynamique collective stimulante et productive.

Dans le cadre de GUEST Saison 2, nous souhaitons poursuivre sur la lancée de GUEST-Normandie tout en renouvelant nos axes de recherche sur les séries que nous étudions, majoritairement récentes, surtout américaines et britanniques, mais également plus anciennes ou produites dans d’autres régions du monde (France, Scandinavie). Le programme de GUEST 2 s’articulera autour de trois Sous-Projets :

Sous-Projet 1 : Séries télévisées : enjeux de genre et questions de société

Sous-Projet 2 : Les séries télévisées et les arts

Sous-Projet 3 : Séries télévisées et valorisations médiatiques et numériques

Le support numérique aura en effet toute sa place dans GUEST Saison 2, et sera transversal au Sous-Projet 2 et au Sous-Projet 3.  En trois ans, « l’objet-série » a subi un certain nombre de mutations qu’il nous semble nécessaire d’intégrer à notre nouveau projet : le diffuseur Netflix et la « post-TV » ont profondément changé le paysage télévisuel américain et les modes de visionnage, tandis que les prolongements transmédiatiques des séries télévisées ont poursuivi la déconnexion entre  les séries et  leur mode de diffusion historique. Les fictions que l’on dit appartenir au « troisième âge d’or » de la télévision américaine, en particulier, ont été consommées très tôt sous format numérique (par le biais du téléchargement et du streaming).  Elles sont maintenant souvent déconnectées de la télévision et invitent à de nouveaux questionnements sur les formats, sur les interactions entre télévision et numérique, mais également sur les formes de valorisation de nos propres travaux.

L’objectif global du projet est de rendre compte du phénomène narratologique, esthétique et culturel d’ampleur mondiale que constituent depuis une vingtaine d’années les séries télévisées et leurs mutations récentes, dans le contexte de la création sérielle qui les a précédées. Pour cela, il est nécessaire d’étendre l’étude au-delà du corpus des séries américaines emblématiques du « troisième âge d’or », dont le rôle a été primordial dans ce renouveau, mais qui ne doivent pas éclipser d’une part les productions moins connues ou reconnues, ou encore les séries d’autres pays et les interactions qui existent à l’échelle internationale, ni d’autre part l’arrière-plan historique et médiatique de la « révolution créative » (cf. l’ouvrage de Brett Martin, Difficult Men: Behind the Scenes of a Creative Revolution, 2013) qui s’est amorcée dans la télévision américaine au tournant du siècle.

Responsables scientifiques :
Sylvaine Bataille, Maître de conférences en études anglophones, ERIAC, Université de Rouen.
Sarah Hatchuel, Professeure en études anglophones, GRIC, Université du Havre.

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Sous-Projet 1: Les séries télévisées : enjeux de genre et questions de société

Nous travaillons depuis plusieurs années sur les représentations sociales construites par les séries : nous étudions comment les séries interrogent les normes, déconstruisent ou recréent éventuellement des stéréotypes, jouent avec les codes esthétiques et narratifs pour véhiculer un discours idéologique souvent complexe, et traversé de contradictions. Les séries peuvent ainsi être analysées comme de véritables sites de négociations culturelles. Les enjeux de genre sont au cœur des séries récentes, qui remettent en question les représentations habituelles de la féminité et de la masculinité à l’écran, que l’on pense à des personnages féminins comme Carrie Mathison (Homeland), Kalinda Sharma (The Good Wife), mais aussi la Capitaine Laure Berthaud (Engrenages), ou aux « hommes tourmentés » (cf. Brett Martin, Difficult Men) que sont Tony Soprano (The Sopranos) ou Walter White (Breaking Bad). Ainsi, parallèlement, certains personnages masculins de séries s’éloignent de plus en plus des attendus de la masculinité, et les arguments sexistes sont alors utilisés comme ressorts comiques, par exemple à travers le personnage de Dwight Schrute (The Office US) ou de Ron Swanson (Parks & Recreation).

Les séries renouvellent également le traitement des personnages trans-genre, présents par exemple dans Transparent, Orange is the New Black ou encore la série britannique Hit and Miss. GUEST 2 poursuivra le travail déjà entamé sur les problématiques de genre à l’œuvre dans les séries, que ce soit sur l’hétéronormativité et le queer ou encore en croisant les gender studies avec d’autres questionnements intersectionnels : représentation des minorités ethniques et des classes sociales, ou de certains groupes d’âge (tels que les adolescents dans les teen series).

Dans ce sous-projet, Ann-Lys Bourgognon, doctorante à l’Université du Havre (contrat doctoral financé par l’École Normale Supérieure) travaille actuellement sur la représentation de la famille dans deux séries, The Sopranos et Breaking Bad. Jessica Thrasher, doctorante à l’université du Havre (allocation doctorale régionale), travaille sur la représentation des mères et de la maternité dans les sitcoms.

Responsable : Florence Cabaret, MCF, ERIAC, Université de Rouen

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Sous-Projet 2 : Les séries télévisées et les arts

La série télévisée est par essence une forme hybride, qui agrège de nombreux autres arts. Comme le cinéma, elle incorpore l’architecture, la photographie, la peinture, la littérature, la musique. Comme le roman, elle travaille sur le temps long et la complexité narrative. Si elle apparaît aux États-Unis dans les années 1950, elle s’inscrit dans un héritage historique qui remonte à la dramatique radio et au roman feuilleton. Ses mutations contemporaines la voient se déployer sur de multiples supports (jeux vidéo, webséries, romans, bandes dessinées, films), qui ne viennent pas tant reproduire la série sur le mode de l’adaptation qu’en compléter le récit ou offrir une expérience différente de son univers. Les séries TV sont adaptées en jeux vidéo depuis les années 1980 (Dallas, X-Files, Battlestar Galactica…) mais la tendance récente des années 2010 traite les jeux vidéo adaptés de séries comme des séries, et proposent des sorties en épisodes (Game of Thrones, 2014, est sorti en 6 épisodes, qui coïncident chronologiquement avec la 4è saison de la série). Quels éléments sont conservés ? Quelles concessions sont faites entre le format de la série et le jeu vidéo ?

Les séries reflètent l’évolution contemporaine où se tissent des liens de plus en plus étroits entre les plateformes utilisées (du multimédia au transmédia) et interrogent les hiérarchies culturelles. Certaines séries comme l’anthologie de sketches Key and Peele (Comedy Central) utilisent ainsi Internet pour créer de nouveaux paradigmes : Vandaveon and Mike (ensuite appelé le Critiquer’s Corner) est une websérie humoristique qui critique, du point de vue de deux internautes, les sketches de Key and Peele. Cette extension en ligne s’adapte au genre de la comédie (et d’autres séries, comme The Office US avaient déjà créé des « webisodes » sur l’équipe des comptables, The Accountants).

Les analyses menées par les chercheur.se.s de GUEST Saison 2 exploreront les spécificités esthétiques, narratives, transmédiatiques et idéologiques des séries télévisées anglophones, scandinaves et francophones dans leur rapport aux autres arts. Nous nous intéresserons à la position des séries au carrefour des arts, des anciens et nouveaux médias, et à la manière dont les séries interrogent les notions de canonicité et de légitimité. Nous poursuivrons nos travaux sur les interactions entre les séries et les autres formes artistiques. Enfin il paraît essentiel de s’interroger sur les transferts culturels entre les productions étasuniennes, britanniques, françaises et scandinaves.

Dans ce sous-projet, Anaïs Pauchet, doctorante havraise, a déjà commencé un travail (encadré par S. Hatchuel et S. Bataille) sur les liens entre Shakespeare et les séries télévisées.

Responsable : Sylvaine Bataille, MCF, ERIAC, Université de Rouen

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Sous-Projet 3 : Séries télévisées et valorisations médiatiques et numériques

L’objectif de ce sous-projet est, d’une part, de développer, à l’aide de moyens financiers renouvelés, les outils de valorisation que nous avons déjà pu constituer pour favoriser l’accès aux travaux accomplis par ou sous l’impulsion des universitaires normands sur les séries télévisées, et, d’autre part, de mettre en place de nouveaux outils de valorisation. Ces valorisations viendront concrétiser une recherche sur les nouveaux modes de diffusion des analyses sur les séries télévisées, suite aux travaux exploratoires menés dans le cadre de GUEST-Normandie, notamment avec l’obtention d’une allocation postdoctorale sur le transmédia en 2014-2015.

Nous organiserons des masterclasses et des événements grand-public avec des scénaristes, metteurs en scène et producteurs en collaboration avec le Festival du Cinéma Américain de Deauville (Le Public Système) et le Festival Séries Mania (Forum des Images) avec lesquels nous collaborons depuis 2013. Nos travaux seront notamment publiés dans TV/Series, revue électronique bilingue accessible en ligne gratuitement, qui a récemment migré sur la plateforme Revues.org. La revue TV/Series, dont les deux premiers numéros sont parus en 2012, accueille des articles sur les séries télévisées et les rend accessible à tous. TV/Series est la première revue française (bilingue français-anglais) entièrement et uniquement consacrée aux séries télévisées, à la différence des revues telles que Réseaux, MédiaMorphoses ou encore la récente InMedia, qui s’intéressent plus largement aux études de médias. En outre, TV/Series se démarque de revues anglaises comme Critical Studies in Television et américaines comme Journal of Popular Film and Television, qui privilégient une approche centrée sur l’histoire de la télévision et l’organisation des médias. Les articles de TV/Series diversifient les perspectives en faisant également appel à un regard nourri de cinéma, littérature, narratologie, études culturelles, histoire, géographie ou sociologie. Nous continuerons à développer cette revue en rendant chaque résumé d’article accessible à la fois en anglais et en français.

Au-delà des objets plus traditionnels que sont les manifestations grand public, les livres et les bases de données, ce projet entreprendra de développer les médias audiovisuels et numériques également pour la réflexion et la médiatisation des connaissances et des recherches. Les chercheurs développeront des analyses de contenu et de forme ambitieuses, développées et médiatisées dans le cadre des humanités numériques : essais animés, essais-vidéo, conférences en ligne, articles enrichis de contenu multimédia, nourris des travaux pointus d’universitaires spécialistes de ces séries. Une part de ces analyses sera à destination des chercheurs mais aussi du grand public, via le site de la revue TV/Series, une chaîne YouTube ou la start-up fleex.tv (avec qui nous avions soumis le projet ANR en 2015). La plateforme Fleex.tv, qui propose aux internautes d’apprendre l’anglais en regardant des séries, pourra, en effet, constituer un débouché pour nos analyses culturelles, esthétiques et narratives des séries en les incluant comme des bonus qui proposeraient aux utilisateurs d’aller « plus loin » dans leur découvertes des séries anglophones.

Nos recherches portant sur des objets audiovisuels, la question de la présentation d’images et d’extraits dans nos communications et publications (sur papier ou en ligne) se pose avec d’autant plus d’acuité que nos analyses se fondent souvent sur des micro-lectures de séquences. Nous réfléchissons donc à la meilleure manière de donner une plus grande visibilité à nos travaux sur les séries télévisées. L’un des enjeux semble résider dans la réalisation d’essais-vidéo qui seraient plus accessibles au grand public tout en demeurant exigeants en termes de contenu analytique, ainsi que dans leur diffusion sur différentes plateformes (YouTube, chaîne universitaire ou autre).

Responsable : Sarah Hatchuel, PR, GRIC, Université du Havre

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Allocation doctorale régionale : Représentations des mères et de la maternité dans les sitcoms américaines

Alors que les sitcoms, d’un côté, et les études sur la maternité, de l’autre, commencent à faire l’objet de travaux universitaires, rien n’a été publié jusqu’à présent sur la représentation de la maternité dans les sitcoms. Cette thèse s’attachera à combler ce manque en répondant à une question originale dans deux champs disciplinaires innovants et en pleine expansion : comment les mères et la maternité sont-elles représentées dans les sitcoms américaines ? Il s’agira d’analyser tout à la fois les dialogues (études linguistiques et littéraires), situations diégétiques (études narratologiques), la manière de les filmer (études esthétiques/visuelles), l’évolution des personnages et le fonctionnement humoristique (études culturelles).

Doctorante sélectionnée : Jessica Thrasher

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